Chirurgien orthopédique expliquant un diagnostic à une patiente dans un cabinet médical lumineux à Nice
Publié le 27 février 2026

Votre médecin traitant vous recommande de consulter un chirurgien orthopédique. Vous tapez quelques mots sur Google. Et là, c’est le vertige. Des dizaines de noms, des avis contradictoires, des spécialisations incompréhensibles. Comment savoir si ce praticien maîtrise vraiment votre problème de genou ? Ou si cet autre, pourtant bien noté, n’est pas plutôt spécialiste de la hanche ?

J’ai recueilli des témoignages de patients niçois qui ont vécu cette confusion. Certains ont perdu des mois à consulter le mauvais spécialiste. D’autres ont trouvé le bon praticien du premier coup, par chance ou grâce à une méthode simple. Ce guide vous donne cette méthode : cinq critères concrets pour identifier le chirurgien adapté à votre pathologie, et les questions à poser dès le premier rendez-vous.

Les 4 critères essentiels en 30 secondes :

  • La spécialisation exacte du chirurgien doit correspondre à votre articulation (genou, hanche, trauma)
  • Son expérience se vérifie auprès du Conseil de l’Ordre et via ses publications
  • Le parcours de soin proposé doit inclure un suivi post-opératoire structuré
  • La première consultation révèle sa capacité d’écoute et de pédagogie

Ce que révèle votre douleur sur le type de chirurgien à consulter

L’erreur la plus fréquente que je constate dans les témoignages recueillis ? Consulter un chirurgien orthopédique « généraliste » alors que la pathologie nécessite un spécialiste dédié. Une patiente m’a confié avoir vu trois praticiens différents pour sa hanche avant de comprendre qu’elle avait besoin d’un chirurgien sur-spécialisé dans cette articulation. Trois consultations. Huit mois perdus.

Votre douleur vous oriente déjà. C’est simple, en fait.

Vers quel spécialiste vous orienter selon votre douleur ?

  • Douleur au genou (instabilité, gonflement, blocage) :
    Orientez-vous vers un chirurgien sur-spécialisé genou. Les pathologies du genou (ligaments croisés, ménisques, arthrose) demandent une expertise technique pointue.
  • Douleur à la hanche (difficulté à marcher, raideur matinale) :
    Cherchez un spécialiste hanche. La pose de prothèse totale de hanche est un geste délicat où l’expérience fait toute la différence.
  • Traumatisme récent (chute, accident sportif, fracture) :
    Un traumatologue est votre interlocuteur. Il gère les urgences et les blessures aiguës avant qu’elles ne deviennent chroniques.
  • Douleur diffuse ou diagnostic incertain :
    Consultez d’abord un chirurgien orthopédiste général pour un bilan. Il pourra vous réorienter vers le bon spécialiste après examen.

Selon la formation spécialisée selon la SOFCOT, les chirurgiens orthopédistes suivent trois niveaux progressifs : niveau 1 pour la traumatologie, niveau 2 pour l’orthopédie générale, et niveau 3 pour la sur-spécialisation (genou, hanche, épaule). Ce niveau 3 est celui que vous recherchez si votre problème est clairement identifié.

Prendre le temps de cibler le bon spécialiste évite des mois de consultations inutiles



Mon avis tranché sur ce point : ne perdez pas de temps avec un praticien qui « fait un peu de tout ». Si votre genou vous lâche depuis six mois, vous méritez un spécialiste qui opère des genoux quotidiennement, pas quelqu’un qui en voit trois par mois.

Genou, hanche ou traumatologie : trois spécialisations, trois expertises distinctes

Comparer ces trois branches, c’est comme comparer un cardiologue, un pneumologue et un urgentiste. Tous sont médecins. Mais vous n’iriez pas voir le pneumologue pour un problème cardiaque. C’est pareil en orthopédie.

Le récapitulatif ci-dessous compare les trois grandes spécialisations orthopédiques selon les critères qui comptent vraiment pour vous en tant que patient. Ces distinctions vous aident à comprendre pourquoi un meilleur chirurgien orthopédique à Nice dans son domaine n’est pas forcément le bon choix pour une autre articulation.

Genou, hanche, traumatologie : quelle spécialisation pour votre cas ?
Spécialisation Pathologies typiques Techniques courantes Profil patient Récupération moyenne
Genou Ligaments croisés, ménisques, arthrose, instabilité rotulienne Arthroscopie, ligamentoplastie, prothèse totale/partielle Sportifs, actifs 40-70 ans, personnes avec usure articulaire 2-6 mois selon intervention
Hanche Coxarthrose, nécrose tête fémorale, dysplasie, conflit fémoro-acétabulaire Prothèse totale, resurfaçage, arthroscopie de hanche Seniors 55+, patients avec mobilité réduite progressive 3-6 mois pour autonomie complète
Traumatologie Fractures, luxations, ruptures tendineuses aiguës, polytraumatismes Ostéosynthèse, fixateurs externes, réparation tissulaire Tous âges, accidents sportifs ou quotidiens Variable selon gravité (6 semaines à 6 mois)

Pathologies du genou : quand chercher un spécialiste dédié

Le genou est l’articulation la plus opérée en France. C’est logique.

Entre les sportifs qui se rompent les ligaments croisés et les actifs de cinquante ans dont le cartilage s’use, les pathologies sont nombreuses et techniques. L’arthroscopie du genou — cette intervention où le chirurgien opère via de petites incisions avec une caméra — représente une part importante des actes réalisés en ambulatoire. Selon les données du taux ambulatoire en orthopédie 2025, environ 40 % des gestes chirurgicaux orthopédiques sont aujourd’hui proposés en chirurgie ambulatoire, notamment les arthroscopies du genou.

L’analyse précise de l’imagerie guide le choix de la technique opératoire



Je recommande toujours aux patients souffrant du genou de vérifier que leur chirurgien pratique régulièrement l’arthroscopie. C’est un marqueur. Un praticien qui maîtrise cette technique mini-invasive propose généralement une récupération plus rapide.

Chirurgie de la hanche : l’importance de l’expertise ciblée

J’ai recueilli le témoignage de Christine, 58 ans, ancienne professeure de yoga à Nice. Sa hanche la faisait souffrir depuis 18 mois. Elle a consulté trois médecins — deux généralistes et un orthopédiste qui « faisait un peu de tout ». Résultat ? Des mois de flottement avant qu’un quatrième praticien, sur-spécialisé hanche, lui propose enfin un diagnostic précis et un plan de traitement adapté.

La pose d’une prothèse totale de hanche est un geste où l’expérience du chirurgien impacte directement le résultat. Les études montrent que les praticiens qui en posent plus d’une centaine par an obtiennent de meilleurs résultats à long terme. Ça ne veut pas dire que votre chirurgien doit être une star internationale. Mais vérifiez qu’il pratique ce type d’intervention régulièrement.

Traumatologie : urgences et blessures sportives

La traumatologie, c’est l’urgence. Fracture du poignet après une chute à vélo sur la Promenade des Anglais. Rupture du tendon d’Achille en jouant au tennis à Cagnes-sur-Mer. Entorse grave du genou lors d’un match de foot.

Un traumatologue intervient vite. Il stabilise. Il répare. Son expertise, c’est de gérer l’aigu avant qu’il ne devienne chronique. Si votre blessure date de moins de trois semaines et résulte d’un accident, c’est vers lui que vous devez vous tourner en priorité.

Le service de chirurgie orthopédique du CHU de Nice est d’ailleurs reconnu au niveau international pour la prise en charge de l’épaule et l’arthroscopie, ce qui montre que l’offre de soins locale en PACA permet de trouver des spécialistes de haut niveau sans aller à Paris.

Les 5 critères qui font vraiment la différence

J’aurais pu vous lister douze critères. Mais soyons honnêtes : vous n’allez pas tous les vérifier. Voici les cinq qui comptent vraiment. Le reste, c’est du bonus.

Votre check-up avant de choisir votre chirurgien



  • Vérifier la spécialisation exacte (genou, hanche, traumatologie) sur le site du Conseil de l’Ordre


  • Consulter le parcours et les formations complémentaires du praticien


  • S’assurer qu’un suivi post-opératoire structuré est proposé (pas juste « revenez dans 6 semaines »)


  • Confirmer les modalités d’intervention (ambulatoire vs hospitalisation) selon votre situation


  • Clarifier les tarifs et les éventuels dépassements d’honoraires avant de vous engager

Sur ce dernier point, une précision importante. Les chirurgiens orthopédiques peuvent exercer en secteur 1 (tarifs conventionnés) ou en secteur 2 (dépassements d’honoraires). Selon les différences secteur 1 et secteur 2, l’Assurance maladie rembourse 70 % du tarif conventionnel — soit environ 19 € après déduction du forfait de participation. Le reste dépend de votre mutuelle.

Ce que les avis en ligne ne vous disent pas : Les systèmes de notation sont biaisés. Les patients très satisfaits ou très mécontents s’expriment. Les autres, non. Un chirurgien avec 4,8/5 n’est pas forcément meilleur qu’un autre à 4,2/5. Regardez plutôt le contenu des avis : parlent-ils d’écoute, de clarté des explications, de suivi ? C’est ça qui compte.

Une chose m’a frappée en préparant cet article. Les patients qui regrettent leur choix de chirurgien ne parlent presque jamais de compétence technique. Ils parlent de communication. « Il ne m’a pas écouté. » « Je n’ai pas compris ce qu’il allait me faire. » « Je me suis senti comme un numéro. » La technique est importante. Mais si vous souhaitez explorer d’autres spécialités orthopédiques comme les pathologies du pied, sachez qu’une intervention chirurgicale pour l’hallux valgus suit les mêmes principes de choix.

Ce qu’il faut observer dès la première consultation

Marc, 45 ans, artisan plombier que j’ai interviewé pour cet article, a vécu une expérience révélatrice. Rupture du ligament croisé lors d’un match de foot à Cagnes-sur-Mer. Le premier chirurgien consulté lui proposait une technique classique. Marc a posé la question : « Y a-t-il d’autres options ? » Réponse évasive. Il a demandé un deuxième avis. Trois semaines d’attente. Le second praticien lui a proposé une technique mini-invasive avec une récupération plus rapide. Morale ? Posez des questions. Observez les réponses.

Signaux d’alerte lors de la première consultation : Méfiez-vous si le chirurgien ne vous examine pas physiquement, s’il propose une opération immédiate sans évoquer d’alternatives, s’il refuse de répondre à vos questions ou s’il semble pressé de vous expédier. Ces comportements sont des red flags. Un bon praticien prend le temps.

La Haute Autorité de Santé recommande que la consultation médicochirurgicale (chirurgien et anesthésiste) permette de déterminer « le bon patient, le bon acte et la structure adaptée ». C’est exactement ça. Le bon praticien ne vous propose pas une intervention. Il vérifie d’abord que vous êtes le bon candidat pour cette intervention.

La qualité du dialogue lors du premier rendez-vous prédit souvent la qualité du suivi



Ce que j’ai appris du cas de Marc

J’ai accompagné Marc dans sa réflexion après notre entretien. Ce qui l’a finalement convaincu de choisir le second chirurgien ? Pas ses diplômes. Pas ses avis en ligne. Le fait qu’il ait dessiné sur un papier ce qu’il allait faire, étape par étape. Marc est reparti avec ce schéma. Il l’a montré à sa femme. Il a compris. Il était rassuré.

Mon conseil : préparez trois questions avant votre rendez-vous. « Quelle technique allez-vous utiliser et pourquoi celle-là ? » « Combien d’interventions de ce type faites-vous par an ? » « Comment se passe le suivi après l’opération ? » Les réponses — ou leur absence — vous diront beaucoup.

Vos questions sur le choix d’un chirurgien orthopédique à Nice

Vos questions fréquentes

Puis-je consulter directement un chirurgien sans passer par mon médecin traitant ?

Techniquement, oui. Mais vous serez moins bien remboursé. Le parcours de soins coordonné impose de passer par votre médecin traitant pour optimiser la prise en charge. Sans cette étape, l’Assurance maladie applique une majoration du reste à charge. Franchement, ça vaut le coup de prendre rendez-vous chez votre généraliste d’abord.

Comment savoir si un chirurgien est en secteur 1 ou secteur 2 ?

Demandez-le directement au secrétariat lors de la prise de rendez-vous. Vous pouvez aussi vérifier sur l’annuaire santé d’ameli.fr. En secteur 2, prévoyez des dépassements d’honoraires qui peuvent aller de 50 € à plusieurs centaines d’euros selon l’intervention. Votre mutuelle peut en couvrir une partie.

Est-il normal de demander un deuxième avis avant une opération ?

Absolument. C’est même un droit. Un bon chirurgien ne sera jamais vexé par cette demande. Si le vôtre réagit mal, c’est un signal. Comptez trois à quatre semaines pour obtenir un deuxième avis à Nice, selon la disponibilité des spécialistes.

Quelle différence entre chirurgie ambulatoire et hospitalisation ?

En ambulatoire, vous entrez et sortez le même jour. Pas de nuit à l’hôpital. C’est possible pour les arthroscopies du genou et de l’épaule, la chirurgie de la main, du coude, de l’avant-pied. Pour les prothèses de hanche ou de genou, une hospitalisation de quelques jours reste généralement nécessaire.

Comment évaluer la réputation d’un chirurgien au-delà des avis en ligne ?

Consultez le Conseil de l’Ordre pour vérifier son inscription. Regardez s’il publie dans des revues médicales ou intervient lors de congrès (signe d’expertise reconnue par ses pairs). Demandez à votre kinésithérapeute ou à des patients ayant été opérés. Le bouche-à-oreille reste souvent le plus fiable.

Si vous souffrez de pathologies du pied en parallèle de vos problèmes articulaires, la consultation d’un chirurgien spécialiste du pied suit une logique similaire : cherchez la spécialisation exacte avant de prendre rendez-vous.

La prochaine étape pour vous

Plutôt que de résumer ce que vous venez de lire, posez-vous cette question : savez-vous maintenant quelle spécialisation chercher (genou, hanche, traumatologie) ? Si oui, vous avez fait la moitié du chemin. L’autre moitié, c’est de vérifier les cinq critères lors de votre premier rendez-vous.

Une dernière chose. Ne laissez pas la peur de l’opération retarder votre consultation. Les techniques ont évolué. La rééducation aussi. Et un bon chirurgien ne vous poussera jamais vers la chirurgie si d’autres options existent.

Précisions sur le choix de votre chirurgien

  • Ce guide ne remplace pas l’avis de votre médecin traitant qui connaît votre dossier médical
  • Les critères présentés sont des repères généraux ; chaque situation médicale est unique
  • Les délais et modalités de prise en charge peuvent varier selon les établissements

Pour une orientation adaptée à votre cas, consultez votre médecin traitant.

Rédigé par Mathilde Laurent, rédactrice santé spécialisée dans les parcours de soins depuis 2019. Elle a accompagné la rédaction de contenus pour plusieurs établissements de santé en région PACA et interviewé des dizaines de patients ayant traversé des parcours orthopédiques. Son approche privilégie la vulgarisation sans simplification excessive et la mise en avant des critères concrets de décision.